1987: Le comte de Paris et François Mitterrand organisent les commémorations du millénaire capétien

François Mitterrand connaît bien le prétendant.. Les deux hommes se sont rencontrés avant la guerre. C’est François de Grossouvre qui sera en charge des relations entre la Maison de France et la Présidence . Le 10 octobre 1986, le chef de l’état à l’Élysée reçoit le Comte de paris au sujet du projet : les commémorations du millénaire capétien placé sous son haut patronage direct.

La question de la participation du Duc de Cadix Alphonse de Bourbon est également abordée. Pour François Mitterrand, le Comte de Paris est le prétendant officiel et la renaissance du mouvement légitimiste ne saurait remettre en question les droits d’Henri d’Orléans sur le trône de France. Le Président de la République évoque l’hypothèse d’écrire au Roi d’Espagne afin qu’il empêche son cousin, Alphonse de Bourbon, de participer aux commémorations. Henri d’Orléans se drape dans une certaine dignité et rappelle au Président de la République que le Roi d’Espagne ne saurait intervenir dans la querelle de succession. François Mitterrand décide néanmoins de ne pas associer le Duc de Cadix aux festivités. Le 22 janvier 1987, le prétendant et le chef de l’État déjeunèrent ensemble pour évoquer les préparatifs Le lendemain, le journal officiel annonçait la création du comité chargé de mettre en place les commémorations du millénaire capétien (Comité pour la célébration du millénaire de l’avènement d’Hugues Capet dont la présidence sera assurée par le directeur général des Archives de France, Jean Favier et auquel était associé le maire de Paris, Jacques Chirac. Cyrille Schott, conseiller à la Présidence, servira de relais entre le Comte de Paris et François Mitterrand).

Les médias, déjà intrigués par ce déjeuner entre les deux hommes d’histoire, s’emparèrent de l’évènement rapidement. Le Comte de Paris retrouve une attention médiatique importante. Les français redécouvrent leur famille royale et la querelle dynastique qui divise les royalistes. Le Duc de Cadix Alphonse de Bourbon fait aussi l’objet de l’attention des journaux français. Le Comte de Paris s’en inquiète et s’en ouvre au Conseiller du Chef de L’État. Lors de la rencontre France -Espagne en mars 1987, le Roi d’Espagne Juan Carlos Ier est informé via une lettre écrite par Henri VI d’Orléans des menées de son cousin Alphonse de Bourbon et s’indigne que le Prince royal se pare du titre de « Chef de la maison royale ».

Le vendredi 3 avril 1987, François Mitterrand ouvre les festivités du Millénaire capétien dans la Cathédrale d’Amiens. S’en suite de multiples messes et petites commémorations à travers toute la France. Le dimanche 21 juin 1987, une messe «  pour la France » est célébrée à Noyon en souvenir du sacre d’Hugues Capet le 3 juillet 987. Dans ces circonstances, le Comte de Paris part au Québec avec ses deux petits-fils (Jean et Eudes) pour commémorer le 250ièeme anniversaire de la fondation des 3 premières seigneuries de la région de Beauce. Réception, fleur de lys et entretien avec le Premier ministre du Québec Robert Bourassa .. Le prétendant retrouve ses droits et rencontre à ce sujet en mai de nouveau Frédéric Mitterrand. Les partis politiques d’opposition participent ou critiquent ces commémorations. Le Front national sera le plus grinçant à l’image de son député Edouard Frédéric Dupont qui parle du prétendant «  comme la plus récente recrue du Président de la république »

Les royalistes ne se rassemblent pas autour de ses festivités . Les légitimistes se plaignent des non réponses du Chef de l’état à leurs courriers (le Baron Pinoteau avait en 1983 adressé un courrier à François Mitterrand pour lui évoquer le rapatriement de Charles X en France et les réparations à entamer à la basilique de Saint –Denis, nécropole royale). Encore moins celle de décembre 1984 où le Duc de Cadix réclamait un entretien avec François Mitterrand. Finalement une réponse des plus laconique fut renvoyée au Baron Pinoteau lui rappelant que la République n’avait pas vocation à entrer ni discuter du conflit dynastique qui opposait les deux prétendants.  En septembre 1987, devant des milliers de fidèles rassemblés autour du Comte de Paris au château d’Amboise, Henri d’Orléans titra ses petits-fils Jean (né en 1965) et Eudes (né en 1968), respectivement « Duc de Vendôme » et « Duc d’Angoulême ».

En 1989, le Comte de Paris demande à participer aux commémorations du bicentenaire de la révolution française à la seule condition que le gouvernement fasse célébrer des festivités au nom de la Fête de la Fédération de 1790 et non pas celle de la prise de la bastille. Le Comte de Paris estime sa présence nécessaire au motif que la Fête de la Fédération célébrait l’unité de la France et la réconciliation entre la monarchie et son peuple et enfin le rôle des Orléans dans les victoires de la nation comme à Valmy et Jemmapes en 1792. Mais François Mitterrand ne retient pas cette option. Le Comte de Paris préfère donc renoncer à siéger dans la tribune officielle pour se contenter de quelques apparitions.


Sources SYLM