L’institution du mérite militaire est une décoration militaire française, créée le 10 mars 1759 par le roi Louis XV, pour récompenser les officiers protestants au service de la France. L’institution a été créée en imitation de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, dont les buts étaient les mêmes, mais qui était réservé aux Catholiques. L’armée française d’Ancien Régime entretenait en effet de nombreux régiments de mercenaires étrangers, surtout Suisses et Allemands, dont les officiers étaient le plus souvent protestants. C’est pour exciter le zèle de ces officiers que le lieutenant-général de Courten, Suisse Catholique, initia l’idée d’une décoration pour les Protestants. L’institution n’était pas un Ordre royal, puisqu’elle n’avait pas de cérémonies religieuses ni de grand-maître ; les militaires décorés devaient toutefois prêter un serment de fidélité au roi.

L’institution était divisée en trois degrés, qui reçurent rapidement les noms informels de chevalier, commandeur et grande croix. Ces titre ne furent officialisés qu’en 1785. Le nombre de 1er degrés n’était pas limité, celui du 2e l’était à quatre et celui du 3e à deux. La croix était comparable à celle de l’ordre de Saint-Louis, sauf pour le médaillon central où une épée remplaçait l’effigie de saint Louis. La devise était Pro virtute bellica (pour les vertus guerrières). Le ruban de l’ordre était bleu foncé.

L’institution fut réunie à l’ordre de Saint-Louis en 1791 sous le nom de Décoration Militaire. La Décoration Militaire fut supprimée en 1792, mais Louis XVIII nomma des chevaliers en exil. L’institution fut rétablie en 1814 et destinée à tous les officiers non-catholiques des armées. Elle fut principalement attribuée à des Protestants, mais le chef des Mamelouks de la garde royale, musulman, fut également décoré. Le ruban de l’institution fut à partir de 1814 le même que celui de l’ordre de Saint-Louis.

 

La croix de l’institution du Mérite militaire

La Croix était en or à quatre branches anglées de fleurs de lys d’or et terminées par huit pointes pommetées. Le centre de chaque branche portait une queue d’aronde d’or bordée d’émail blanc sur l’extérieur.

Sur l’avers    : le médaillon central portait une épée d’or en pal, posée sur un fond d’émail rouge et était entourée par la légende en lettres d’or  PRO  VIRTUTE  BELLICA  ( pour les vertus guerrières ) sur fond d’émail bleu.

Sur le revers : le médaillon central portait une couronne de laurier en or émaillée de vert, posée sur un fond d’émail rouge et était entouré d’une bordure émaillée de bleu portant en lettres capitales d’or la légende « Ludovicus XV Instituit 1759 » en abrégé :  LUD. XV. INST. 1759.

La croix des Chevaliers, d’un diamètre de 40 mm, était en or. Celle des Commandeurs et Grands-croix, d’un diamètre de 70 mm, était en or. Les pointes varièrent au fil du temps : si elles furent pommetées au début, elles ne le furent plus vers la fin du 18e siècle, puis le redevinrent vers la fin de l’Institution du Mérite militaire.

Sous l’ancien régime, les croix avaient un médaillon central légèrement bombé et étaient plus épaisses et lourdes que celles réalisées à la Restauration. A noter tout de même, un modèle unique, destiné au chef d’escadron des mamelouks de la Garde, Abdallah d’Asbonne, officier musulman, dont le médaillon central portait l’épée pointe en bas et non en pal, et dont la lame était entourée par deux petites étoiles.