C’est un chantier d’ampleur, appelé à durer deux ans qui a débuté lundi 13 septembre sur l’édifice abritant la tombe de Léonard de Vinci. Charpente, couverture, maçonnerie, sculptures et vitraux… de nombreux corps de métiers seront mobilisés.  Il y a plus d’un siècle qu’elle attendait ça ! Cent-quarante ans après sa dernière restauration, d’importants travaux ont débuté lundi 13 septembre sur la chapelle Saint-Hubert, au château royal d’Amboise. Un chantier colossal, long de deux ans, d’un montant total de 2,7 millions d’euros qui fera intervenir de nombreux corps de métiers et se doublera d’un volet pédagogique destiné à faire découvrir au public les techniques utilisées.

 

Consolider la charpente et restaurer la toiture

Les dernières restaurations de la chapelle datent de la fin du XIXe siècle. La famille du comte de Paris engage alors d’importants travaux pour rénover le château. Le chantier en préparation a pour objectif de remettre à neuf les modifications faites à cette époque. Grands points d’amélioration : la consolidation de la charpente et la restauration de la toiture en plomb et de ses ornements. “C’est une chapelle qui a été construite d’un seul jet au tout début du XVIe siècle et qui, ensuite, est tombée progressivement à l’abandon. Les logis royaux contre lesquels elle était adossée ont été abattus au XIXe siècle”, explique Etienne Barthélémy, architecte en chef des Bâtiments de France, qui travaille depuis deux ans sur ce chantier.

Tout au long des deux ans, de nombreux corps de métiers seront mobilisés et mis à l’honneur: charpente et couverture, maçonnerie, plomberie d’art, restauration de vitraux et de sculptures… A chaque période de travaux, des loges installées dans le parc du château royal à destination du public. Lundi, ce sont les charpentiers qui ont donné le coup d’envoi des travaux. Ces charpentiers “à l’ancienne”, originaires de France, des États-Unis, d’Angleterre ou d’Allemagne seront à l’œuvre toute la semaine dans les jardins du château royal. Ils travailleront pour l’occasion sur du bois coupé en forêt d’Amboise, où une quinzaine de mètres cube de chêne ont été prélevés. Leur mission aura pour point d’orgue les Journées européennes du patrimoine, le week-end prochain, lors desquelles ils réaliseront des démonstrations de leur savoir-faire.

Puis ce sera le tour des plombiers, des maçons ou encore des vitraillistes d’animer un chantier qui devrait réserver quelques moments spectaculaires. L’installation de l’échafaudage (haut d’une quarantaine de mètres depuis la place Michel-Debré) ou encore la dépose de la flèche qui orne la toiture de la chapelle devraient, à elles-seules valoir le détour. Les travaux s’achèveront à l’automne 2023. Restaurées, les dorures originelles brilleront alors sur la couverture de plomb refaite. Et la cloche baptisée Hildebrandt, bien discrète puisqu’elle ne sonne pas, résonnera pour la première fois dans le ciel d’Amboise.

 

Les bois de cerfs : l’atout du château d’Amboise

En entrant dans le château d’Amboise, le premier lieu de visite qui se présente aux visiteurs est la tombe de Léonard de Vinci, située dans la chapelle Saint-Hubert. Obnubilés par l’intérieur du lieu où se trouve la tombe, beaucoup oublient de lever la tête pour contempler la flèche de la chapelle. Sur le dessus trônent des bois de cerfs en cuivre, ajoutés aux alentours de 1880.

La légende raconte qu’au cours de la partie de chasse, l’évêque de Liège Saint-Hubert aurait vu un cerf avec un crucifix entre ses bois. Suite à cela, il aurait renoncé à la chasse, mais a été élevé paradoxalement au rang de patron de la chasse et du cerf, signe de l’engagement au service de la foi. Les bois de cerfs qui ornent la chapelle sont le symbole du prince de la forêt et des bois, ses cornes étaient réputées pour cicatriser les plaies et faire fuir les vipères. « Les bois de cerfs sont synonymes de chasse, une activité royale et symbole du château », ajoute Juliette.

En plus de ces bois de cuivre, le linteau de la chapelle représente entre autre le cerf et son crucifix entre les cornes. Celui-ci est antérieur aux bois de la flèche, il date de la fin du XVe siècle. De nombreuses modifications ont été apportées au lieu au fil des siècles. Souterraine à l’origine, elle se situe désormais à la surface. Les vitraux ont été changés et les bois de cuivre ont été ajoutés au XIXe siècle.


Source : La nouvelle République / Photos: La NR & Le château royal d’Amboise