« Joyeuse », la célèbre épée du sacre de nos rois, vient de faire son retour au château de Versailles.  Ce regalia du royaume de France, a été prêté par le Musée du Louvre, pour être exposé au château  lors de la future exposition qui inaugura sa réouverture au public, « Hyacinthe Rigaud ou le portrait soleil »

En attendant sa réouverture au public, le château de Versailles prépare donc activement sa prochaine exposition. L’épée des Rois de France fièrement arborée par le Roi Soleil sur son plus célèbre portrait, sera donc  présentée aux visiteurs à côté des deux chefs d’œuvre de Hyacinthe Rigaud.

« Joyeuse » l’épée du sacre des rois de France

« Joyeuse» dite aussi « épée de Charlemagne » était l’épée utilisée lors du sacre des rois de France. Elle est l’un des plus anciens regalia du royaume de France qui subsistent actuellement. Une épée utilisée probablement depuis Philippe Auguste en 1179, de manière plus documentée depuis Philippe III le Hardi en 1271, s’appelait aussi Joyeuse, et l’on prétendait qu’il s’agissait de la même. En fait, elle aurait été fabriquée plus tardivement, à partir d’éléments d’époques diverses :

  • le pommeau date de la fin de l’époque carolingienne (Xe siècle) ;
  • les quillons en forme de dragons opposés composant la garde datent du XIIe siècle ;
  • la poignée date du XIIIe ou du XIVe siècle ;
  • la plaque du fourreau ornée de pierreries a été exécutée au XIIIe siècle

Cette épée, conservée dans le trésor de Saint-Denis jusqu’en 1793, est alors entrée dans les collections du musée du Louvre. L’épée a de nouveau été utilisée pour le sacre de Napoléon en 1804, puis sous la Restauration. Pour son sacre en 1804, Napoléon a fait recouvrir le fourreau d’un velours vert brodé de feuilles de laurier d’or, et remplacer les fleurs de lys par des pierreries. Pour son sacre en 1825, Charles X a demandé au joaillier de la Couronne, de retirer du fourreau les particularismes napoléoniens, revenant ainsi à un velours fleurdelysé, encore visible aujourd’hui .


Photo : Thomas Garnier