Pour suivre les travaux de sauvetage du château de Versailles, le roi Louis-Philippe choisit, en 1835, de loger au Grand Trianon, où l’accompagnait parfois sa famille. Il y fit faire des aménagements dont une partie est aujourd’hui rétablie grâce à la restitution de certains espaces, auparavant réservés au ministère des Affaires étrangères.

 

Le palais du Grand Trianon renferme de nombreux trésors, témoins artistiques et historiques du passage des différents souverains qui y ont vécu. Parmi ceux-ci, le roi Louis-Philippe fut le dernier à s’être investi dans les travaux d’aménagement et d’ameublement du palais, afin d’y installer convenablement sa nombreuse famille : son épouse la reine Marie-Amélie, sa sœur Madame Adélaïde, les princes et les princesses. Alors que les rois de France, véritables rois bâtisseurs, ont donné au royaume ses plus beaux palais en même temps que ses plus beaux fleurons, Louis-Philippe s’efforce de transmettre ces témoins du patrimoine français en se plaçant en continuateur de l’Histoire.

Lit de la chambre de Madame Adélaïde, sœur de Louis-Philippe

Si initialement Louis-Philippe décide de restaurer Trianon pour y loger, c’est dans le but de se rapprocher du chantier de Versailles, où il œuvre politiquement, financièrement (24 millions pris sur sa liste civile) et artistiquement pour livrer aux Français un musée dédié à toutes les gloires de la France dès 1833. Le rapport qu’il entretient avec le château de Versailles est très différent de celui qui le lie à Trianon, mais également de la conception que s’en faisaient les souverains précédents. Si le roi sauve le château en y créant le musée historique, c’est parce qu’il ne peut plus installer sa demeure dans un lieu qui symbolise la monarchie de Louis XIV.

Selon Jean Vatout, bibliothécaire du roi, il évite ainsi de « circonscrire la majesté de ce monument dans les limites d’un seul règne, mais l’étend à toutes les époques de notre histoire ». Il reporte donc son besoin de résidence sur le palais du Grand Trianon, qui a l’avantage d’être proche du château, et y entame des travaux de restauration. Par cette double entreprise, il apparaît comme un sauveur (ou un dévastateur, pour certains) car il sauve le palais de Louis XIV et sort ces deux palais de leur léthargie après la chute de Napoléon Ier. Alors qu’il transforme le premier en témoin artistique et politique, Louis-Philippe fait du second un séjour commode et convenable.

La salle de billard de  la famille royale

Cependant, les séjours de Louis-Philippe au Grand Trianon ne sont qu’occasionnels et éphémères ; après tout, c’est une résidence de campagne. Il y séjourne en 1837 (le 10 juin, pour l’inauguration du musée de l’Histoire de France à Versailles), en 1838 et en 1845, ce qui est relativement peu en dix-sept ans de règne. Il y organise en revanche beaucoup de réceptions à l’occasion de mariages (comme celui de sa fille Marie d’Orléans en octobre 1837) ou de la venue d’un personnage important.

Néanmoins, le Roi des Français fait  preuve d’un investissement plus profond que bien d’autres souverains précédents et y consacre une grande énergie. En effet, contrairement à Napoléon Ier qui se contenta de meubler le palais d’après ses goûts, Louis-Philippe fait en sorte que les aménagements soient adaptés à chaque membre de sa famille et individualisés selon les goûts contemporains. Il actualise le palais aux exigences modernes de confort à travers l’installation de calorifères, de cuisines souterraines et de salles de bains, pour transformer ce lieu emblématique du pouvoir monarchique en une maison d’habitation, même si cela rompt avec la tradition royale.

 

Dans cette vidéo Laurent Salomé, Directeur du musée national des châteaux de Versailles et Trianon vous présente la restauration de la chambre-cabinet de Louis-Philippe au Grand Trianon. Découvrez cette nouvelle pièce qui témoigne du goût raffiné du dernier Roi des français.

Pour tout savoir de l’histoire des appartement du Roi Louis-Philippe à Trianon nous vous conseillons la lecture de ce document très instructif : L’appartement de Louis-Philippe Ier au Grand Trianon